mardi 3 novembre 2009

Prosper Et Archibald

- CE LOGO PROSPER ET ARCHIBALD, C'EST QUOI ?
- A partir de l'allemand bald qui signifie bientôt, Archibald symbolise rien moins que l'arche future par laquelle l'humanité sera sauvée.

La spiritualité de l'ours Prosper frappe ici non moins que celle de n'importe quel pêcheur aperçu de dos. Qu'il pêche atteste qu'il y a encore du poisson dans l'eau, ce qui prouve que tout n'est pas perdu.

Quant au légendaire Noé, on le reconnaît fumant sa pipe à l'arrière du bateau au milieu de ses animaux favoris.
Enfin, comme nous sommes ici après le déluge, il va de soi que l'on est à Neuchâtel, l'arche flottant à la verticale au-dessus du Château.

Toute autre interprétation est nulle et non avenue.

- ET QUE DESIGNE T-IL ?
- Un réseau culturel d'action civique, ainsi qu'il se définit lui-même.

Son but est de rétablir la dimension civique de la culture née sur l'agora de l'ancienne cité grecque, en particulier Athènes. Même sous régimes aristocratiques, ce premier modèle de concertation collective n'a cessé de s'améliorer en 25 siècles et c'est à lui que nous devons les premières formulations d'idées comme celles de la liberté et de la conscience personnelle par la démocratie.Si ce modèle culturel fut à l'origine de mouvements populaires de taille qui ont marqué l'émergence d'un civisme à mesure planétaire voici environ 40 ans, il s'est érodé dangereusement depuis sous l'effet de la réaction néo-libérale qui réduit la liberté du citoyen à celle du consommateur.

- CE CONSOMMATEUR N'A-T-IL DONC PLUS LE DROIT DE VOTE?
- Oui, mais sait-il toujours pour quoi il vote ? Jusqu'à voici une trentaine d'années, il formait son opinion à partir de débats publics et contradictoires qui rassemblaient physiquement tous les citoyens qui le souhaitaient dans un même lieu.

C'est ainsi qu'entre 1977 et 1980, mes amis et moi avons réunis jusqu'à 400 personnes à Neuchâtel dans ce Hyde Park qu'était alors la salle de la Cité universitaire pour des conférences ou projections de films sur les choix de société en rapport avec l'écologie.

Chacun pouvait se mêler à la discussion générale qui suivait alors que les débats de la radio ou la télévision aujourd'hui sont filtrés. Si le Centre culturel neuchâtelois dirigé en ce temps - là par Jacques de Montmollin, assurait gratuitement l'organisation de ces soirées, il n'est plus désormais qu'un théâtre commercial comme les autres attestant que Neuchâtel n'est plus que la banlieue culturelle de Lausanne.

- LA RADIO ET LA TELEVISION FAUSSENT-ILS VRAIMENT LE DEBAT PUBLIC ?
- Pas eux seulement. Ce débat public est confisqué par les médias qui ont tout loisir de le manipuler, comme nous l'avons vérifié en tant qu' acteurs sur le terrain électoral.

Il en résulte une dégradation du niveau de l'information déjà constatée vers la fin des années 80 par par le maître juriste du domaine que fut Philippe Bois. Cette baisse générale s'est accrue depuis d'une crise du langage que nous situons plus loin et dont l'illettrisme n'est que le moindre aspect.

Or, est-il besoin de souligner que dès son premier modèle grec dont, nous sommes les héritiers, la citoyenneté va de pair avec la maîtrise de la parole.


- POUR VOUS, LA PRATIQUE METHODIQUE DE LA PAROLE DOIT DEVENIR UNE PRIORITE SCOLAIRE...
- L'enseignement méthodique de la parole par mémorisation, récitation scandée et par l'improvisation doit devenir une discipline de base dont tout enfant doit bénéficier durant tout le temps de la scolarité, par le biais de la pratique théâtrale en particulier.

L'enjeu d'une politique culturelle, selon le titre de l'article plus loin, est tout entier dans cette exigence très clairement motivée.

- N'EST-CE PAS UNE REVOLUTION PAR L'ECOLE QUE VOUS PROPOSEZ ?
- Plutôt une réforme du système scolaire dans le sens de ce qu'a réclamé Pierre Marc, chercheur en sciences de l'éducation de l'université de Neuchâtel voici une quinzaine d'années.

Imaginez qu'une génération d'élèves soit entièrement constituée d'Einstein en puissance: après neuf ans d'instruction publique, on retrouverait la même proportion de très doués, de moyennement doués et de futurs cols bleus que dans les volées traditionnelles.

C'est, librement résumé, ce qu'a démontré l'étude de Pierre Marc. Ceci signifie que l'école, fille de la Révolution de 1848, reproduit les inégalités sociales en violation des principes inscrits dans la Constitution républicaine qui l'inspire.

Qui disait déjà Je ne viens pas pour abolir mais pour accomplir ?

- MAIS QUEL RAPPORT ENTRE VOTRE PROJET ET LA POLITIQUE CULTURELLE ?
- Que n'importe quels actrices et acteurs futurs de la vie publique puisse acquérir la maîtrise de la parole la meilleure possible dès l'école, c'est le socle sans lequel une politique culturelle ne peut s'ériger que sur le vide.

A partir du langage, l'école et la culture ont le même rapport entre elles que le cerveau droit et le gauche.

Tous deux constituent une unité dualiste qu'on ne peut assumer qu'en les comprenant dans leurs rapports interdynamiques, ce que faisaient notamment les anciens Grecs.

Les traiter séparément, n'en déplaise au président de Pro Helvetia Monsieur Annoni, relève d'une logique schizoïde à l'origine de la crise générale des valeurs dans laquelle nous barbotons.

- COMMENT CE MOUVEMENT EST-IL STRUCTURE?
- C'est un réseau avec un comité exécutif d'une dizaine de personnes et des statuts réguliers comme pour toute association.

N'importe qui peut demander à faire partie de ce comité s'il est en accord avec ses buts. Pour le reste, chacun peut inscrire son nom sur la liste du réseau et participer librement aux actions qui l'intéressent. Il peut proposer aussi des actions au comité.


Nous remercions Mathieu Menghini, le Théâtre Forum de Meyrin et ses associés de nous avoir demandé l'article intitulé Les enjeux d'une politique culturelle ci-après.
Cet article au sommaire de la revue SI soulève des sujets d'intérêt général évident qui ne trouvent malheureusement aucun support de publication dans le canton de Neuchâtel.
Ces sujets feront toutefois l'objet d'un débat à la galerie YD, rue Fleury 6, à Neuchâtel, en janvier ou février de 2010.

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